Marine Le Pen a estimé vendredi ne pas avoir obtenu satisfaction de François Hollande sur la «marche républicaine» de dimanche, jugeant qu’il n’avait pas acté une «levée claire de l’interdiction» faite selon elle au FN d’y participer.

A l’issue d’une rencontre à l’Elysée avec le chef de l’Etat dans le cadre de ses entretiens politiques après l’attentat contre Charlie Hebdo, la présidente du Front national a toutefois indiqué à la presse que M. Hollande lui avait dit que sa «sécurité serait assurée» à cette manifestation si elle s’y rendait et elle l’en a «remercié».

Mais «je ne vais pas là où on ne veut pas de moi», a-t-elle ajouté. «Je n’ai pas réussi à obtenir du président de la République la levée claire de l’interdiction pour notre mouvement, ses élus, ses représentants, que des millions de Français espérait voir dans les cortèges, de participer dans des conditions dignes et respectueuses de notre mouvement à la manifestation de dimanche», a affirmé Marine Le Pen. «Tout à fait évidemment, je le regrette», a-t-elle poursuivi.

Va-t-elle tout de même venir ? «Je ne vais pas forcer les cordons de police ou les cordons des organisateurs de la manifestation – pour être honnête, le président de la République a indiqué que ma sécurité serait assurée et je l’en remercie -, je ne vais pas forcer les cordons pour m’introduire dans une manifestation où les organisateurs principaux ne veulent pas nous voir», a-t-elle répondu.

Et la fille de Jean-Marie Le Pen d’ajouter : «J’ai été élevée, je ne vais pas là où on ne veut pas de moi.»

Pour Mme Le Pen, «l’unité nationale qui était pourtant si utile a été brisée par le sectarisme de certains au premier rang desquels le PS et l’UDI.»  «J’étais tout à fait prête, et c’était parfaitement sincère, à participer à cette manifestation d’hommage», a encore garanti l’eurodéputée.

«Le PS a raté une occasion de montrer son respect à l’égard des victimes et surtout à l’égard de la liberté d’expression et donc à la liberté d’opinion, (…) en excluant le mouvement politique qui est arrivé en tête des élections européennes et donc l’ensemble quelque part de ses électeurs», a accusé Mme Le Pen.

«Il aurait fallu que le président de la République fasse en sorte de rappeler qu’il entend que l’ensemble des partis politiques, des forces politiques soit le bienvenu dans cette manifestation et traité de manière égale. Il n’a pas entendu le faire», a-t-elle poursuivi.

Une «marche républicaine» est prévue dimanche à 15h à Paris, organisée par associations, syndicats, mais aussi de nombreux partis qui se sont divisés sur l’opportunité d’inviter le FN à participer.

d’après l’AFP